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Dans ce recueil de textes inédits, Paul Gadenne intervient dans les décombres de l’après-guerre. A rebours de l’agitation de son temps et de la dispersion qui éloigne l’homme de lui-même, il plaide pour le recueillement, l’immobilité et le rassemblement personnels: «Fermer les yeux pour mieux voir, s’arrêter pour mieux avancer.»
Ses chroniques sur la Correspondance de Dostoïevski, les pièces de Pirandello et de Sartre, les livres de Beckett, le style de Proust ou le journal de Du Bos révèlent un critique au jugement puissant qui cherche la tension intime, l’élan spirituel et la maîtrise des idées. Ses pages sur les lettres de Dostoïevski, «homme traqué», sont admirables de justesse et de finesse. Il réfute la thèse de Sartre et soutien que l’enfer, loin de dépendre des autres, est en nous, dans les volontés contradictoires qui fondent notre être. Gadenne comprend, par exemple, la cohérence suicidaire de Brasillach, salue même son courage face au peloton d’exécution et ne pardonne pas à Drieu La Rochelle son suicide, emporté par son «culte pour une grandeur impossible».
Paul Gadenne appelle chacun à se réapproprier son intériorité pour mieux la reconstruire. Ce chemin doit passer par l’écriture et mener «vers la création de soi».
Jean-Claude Raspiengeas, La Croix.
Paul Gadenne était de la même trempe que les Raymond Guérin, Jean Reverzy ou Jacques Chauviré, tous écrivains de l’immédiate après-guerre, discrets, attentifs à la vie et peu enclins au vacareme des salons. [...]
Ce recueil [est] une jolie encyclopédie de poche, à l’usage de tous.
Martine Laval, Télérama.
Deuil de la grandeur, exigence de la solitude, tout Gadenne est dans ces pages exhumées de ses Carnets ou de quelque revue. Pour l’essentiel, un écrivain s’y penche sur d’autres écrivains.
Olivier Mony, Sud Ouest.
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